Actualités ITNon classés

Pourquoi Microsoft aime-t-il tant Linux ?

En ce milieu de semaine, Microsoft a fait une grosse annonce qui risque aussi bien de faire plaisir certains que de faire grincer les dents des autres…

Microsoft se lance dans l’open-source, ce n’est pas nouveau puisque quelques outils de Microsoft ont été développés en open-source (« Chakra« , qui est le moteur Javascript de Edge ou encore « SONiC« , une suite de logiciels pour créer et interfacer des matériels réseaux dans le cloud) et sont de plus en plus utilisés.

Récemment, Microsoft a dévoilé la disponibilité de la distribution « Red Hat Enterprise Linux » (RHEL) dans son cloud personnel « Azure« . Il était auparavant possible de faire quelques manipulations pour initier l’installation et l’exécution de distributions Linux comme Debian ou Ubuntu, mais cette fois-ci, Microsoft met à disposition de ses clients Azure la possibilité de créer une VM avec la RHEL, aussi facilement installable qu’un Windows 10 !

Vous pouvez retrouver des informations complémentaires à cette adresse – Microsoft.


ms-sql-love-linux

La seconde grande nouvelle, c’est l’arrivée imminente de SQL Server (2016) pour Linux… ! Oui, l’usine à gaz et l’immense serveur qu’est SQL Server arrive prochainement sur vos distributions Linux ! L’annonce est très fraiche, elle s’est faite le 08 mars 2016. Pour l’instant, seul Oracle disposait de son architecture pour mettre en place un serveur SQL « complexe » et propriétaire – Attention, ce genre de SGBDR n’est utilisé que pour les très grosses structures, notamment à cause du nombre de requêtes très important à effectuer en même temps. Les autres serveurs SQL type « MySQL Server » ou encore « MariaBD Server » ne peuvent pas supporter autant de requêtes, même avec des optimisations poussées.

De plus, ce Microsoft SQL Server pour Linux sera capable de gérer un environnement hybride, entre le SQL Server « on-premise » (en local) sur votre Linux et faire le lien avec un SQL Server « on-line », dans Windows Azure !


Pourquoi Microsoft veut percer « dans » Linux ?

Depuis le changement de PDG dans la société, Satya Nadella a réellement accéléré le rythme de développement de Microsoft – Entre Windows Azure (dont il était le responsable), Microsoft Office 365 et tous les autres projets / autres filiales, la société Microsoft n’est plus l’entreprise figée d’auparavant.

En effet, vers la fin des années 1990, Windows avait un presque monopole sur le monde grâce aux nombreux PC vendus et pourvus de Windows 95 ou 98. Apple n’était absolument pas la société que l’ont connait actuellement et les distributions GNU/Linux étaient réservés aux « informaticiens » (je déteste ce mot…) les plus mordus et aguerris. Puis vers la fin des années 2000, les systèmes GNU/Linux sont devenus matures et de plus en plus utilisés au quotidien, que ce soit pour des serveurs mais aussi pour des PC de bureau, notamment pour Madame Michu.

Dans les grandes sociétés (grands comptes type Orange, ERDF, les banques…), GNU/Linux et Unix dominent clairement les serveurs applicatifs et de données – c’est un secret pour personne. La raison est simple : stabilité et fiabilité.

Certaines mauvaises langues diront que ce n’est jamais le cas des applications sous Windows et que même Windows n’est pas stable d’une manière générale… Là n’est pas le débat. 😉

Microsoft a bien compris (par la force des choses) que Linux est un poids lourd dans les systèmes serveurs et que nombreux sont les DSI basculant sur des systèmes GNU/Linux ou Unix. Face à une pression de ses utilisateurs et notamment grâce aux changements opérés actuellement dans le monde informatique, Microsoft commence à réagir pour proposer ses solutions dans l’open-source.

Avec RHEL pour Azure et maintenant SQL Server pour Linux, Microsoft souhaite entrer par la petite porte pour tirer son épingle du jeu – pourquoi « petite porte » ? Puisque RHEL et SQL Server ne sont pas faits pour des petites structures ni même pour les « petits » administrateurs systèmes. C’est donc un marché de niche qui est visé par Microsoft – c’est aussi un coup bien joué puisque Microsoft « testera » (et se fera testé) son applicatif auprès de services / serveurs critiques, de quoi appréhender aisément par la suite l’accès vers de plus petites structures !

ms-sql-linuxVous pouvez retrouver l’annonce de SQL Server pour Linux à cette adresse – Microsoft.

De plus, aujourd’hui, nous sommes tous inter-connectés via différentes plateformes – entre un PC sous Windows, synchronisant votre téléphone sous Android et votre iPad qui est de la partie, vous avez besoin de vos données et de vos applications sur tous vos matériels et ce de façon « commune ». Microsoft a aussi compris cette facette (l’interopérabilité) et l’a déjà mise en œuvre (application OneNote compatible aussi bien sur PC que sur tous les appareils mobiles… Mais pas encore pour Linux). Le travail sera long et difficile, mais après tout, ça vaut réellement l’investissement de temps, de moyens humains et financiers aussi bien pour Microsoft que pour nous, utilisateurs finaux ! Microsoft semble être bien parti pour changer son image de « propriétaire fermé » et ce depuis l’arrivée de Monsieur NADELLA, gageons que l’expérience sous GNU/Linux lui permettra d’être encore plus ambitieux et ouvert… ?

Il reste encore une petite facette mystérieuse dans tout ça : est-ce qu’il y aura toujours un système de licence à acheter ? Les logiciels « lourds » comme SQL Server pour Linux seront-ils open-source ? J’ai hâte de voir les sorties officielles pour en savoir plus… 🙂

Et vous, seriez-vous prêt à tenter l’expérience d’un produit Microsoft dans Linux ?

En voir plus

4 thoughts on “Pourquoi Microsoft aime-t-il tant Linux ?”

  1. Ca pourrait se tenter oui sauf si des licences sont à payer pour pouvoir l’utiliser. En plus, il n’y a pas longtemps, j’ai quand même réussi à voir les limites de MS SQL 😮

    1. MS SQL est très complexe non seulement à administrer mais aussi à maintenir et surtout à concevoir (point de vue architecture système). Il y a tellement (aujourd’hui) de possibilité (physiques ou virtuelles) que les architectures deviennent lourdes et pas assez optimisées.
      Je suis persuadé que MS SQL reste quand même une solution fiable pour les très grosses bases de données relationnelles 🙂 Je ne préfère pas rentrer dans le débat de la conception des bases de données… « Qui s’y frotte s’y pique ! »

    1. À mon avis, les futures solutions logicielles vont devenir transversales, dans le sens où les logiciels vont entamer un processus d’interopérabilité entre les OS à base de Windows NT et à base de GNU/Linux (ou Unix…). Là, ça va devenir intéressant pour tout le monde ! En espérant que les coûts ne s’envolent pas trop haut (maintenance, licences, « DLC »…)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close