Parce qu'il y a toujours une solution...

Des semaines ou plutôt des mois avant de me lancer enfin, réellement… sous Linux, tous les jours ! Récit d’une aventure…

Linux aujourd’hui nous entoure – nous en entendons parler sous différente forme (Android, Mac, serveurs…) que pour tout type d’usage. J’utilise Linux depuis un petit bout de temps mais de manière très simple, quasiment maintenant depuis 10 ans. Qui dit utilisation simple dit micro-serveurs web / sql, utilisation succinct de GIT et SSH… La base pour tout administrateur système en somme. Mes connaissances ne sont pas optimales et c’est aussi pour cette raison qu’il fallait se lancer dans cette nouvelle aventure…


La génèse du « projet »

Depuis un certain temps, j’ai souhaitais avoir une machine capable de tout, facilement et rapidement. Le matériel dont je dispose est suffisamment stable et robuste pour encaisser tout type d’utilisation.
En réfléchissant au produit final voulu, quelques points ont été retenu :

  • Avoir un PC hôte sous Linux pour une stabilité optimale
  • Un PC qui se lance rapidement, ayant peu d’outils sur cet hôte (accès web, navigateur, lecteur audio/vidéo, suite bureautique très simple)
  • Permet la virtualisation en VM et par conteneurs
  • Créer une machine virtuelle sous Windows pour exploiter quelques logiciels disponibles uniquement sous Windows et pouvoir faire du GPU Passthrough pour les jeux-vidéos – au « pire », tenter de tout émuler sous Linux via Wine ou autre produit.
  • Se « forcer » à exploiter Linux tous les jours, en CLI comme en GUI.
  • Exploiter des logiciels libres / gratuits, trouver des alternatives libres par rapport à ce que je peux utiliser tous les jours (en perso comme au bureau).

Sur le papier, ça semble plutôt simple, en réalité ce fût une toute autre histoire qui a été très formatrice…


Récit complet

Qui dit nouvelle solution dit tests. Il en a fallu des tests pour finalement trouver une solution toute simple et complètement pertinente ! J’ai passé de nombreuses heures à écumer les sites web et autres forums (y compris Reddit !) à la recherche d’une boîte magique, capable de tout du premier coup… Une solution clé en main en somme, out-of-the-box comme on le dit outre-atlantique. Allons tout de suite à l’essentiel, ça n’existe pas tout-à-fait.

Première étape, trouver une base Linux – facile, Debian, Ubuntu, Archlinux, ESXi… Toutes les distributions y sont passées. Pour Debian, je suis parti d’un Proxmox v5.4, sur lequel j’ai ajouté une interface graphique. C’était idéal au départ ! Interface web pour gérer le serveur de virtualisation, l’interface graphique me permettant de faire la navigation quotidienne simplement, pas de superflux sur l’OS de base, tout peut se faire en VM et les conteneurs sont là au besoin. Top ! Un gros bémol cependant : ne disposant pas de connexion filaire pour accéder au web, j’utilise une carte PCI-e Wi-Fi… Et là c’est le drame ; plusieurs heures pour faire fonctionner la puce Wi-Fi (Broadcom) et au reboot, plus rien. Sans compter la plaie qu’est d’installer le pilote propriétaire Nvidia… STOP, on arrête là, c’est trop pénible.


Seconde solution, ESXi. Connu mondialement, utilisé très souvent… ça sent bon ! A un détail prêt : pas possible d’y ajouter une interface graphique sur l’hôte. Hop, ça ne répond pas aux critères, ça dégage !


Troisième solution, Ubuntu (18.04 LTS). Installation en mode minimale, installation des paquets nécessaires en fonction des besoins, mise à jour complète du système – tout roule. Plutôt bien parti, je continue les installations et les tests avec succès. La virtualisation fonctionne sur les deux plans (VirtualBox pour les VM, Docker pour les conteneurs), la carte graphique Nvidia est installée avec son pilote propriétaire, le Wi-Fi fonctionne correctement… mais uniquement avec le kernel 4.x fourni par Canonical. Pas un gros problème en soit, mais pas très neuf.
J’effectue le test de cette machine pendant plusieurs jours (une quinzaine environ), en arrivant en plus à « virtualiser » mes jeux Windows directement dans Linux avec le magique paquet « Lutris » – il faut absolument que je vous parle de Lutris, c’est fantastique ! Content de cette installation, je commence à prendre goût à l’environnement Linux (Ubuntu Gnome c’est moche !), à la simplicité du système et du « ça juste marche ». Sauf que… (il en faut forcément un problème !) en lisant quelques articles, on nous fait gentiment comprendre que le support 32 bits allait être stoppé, que côté émulation ça pouvait être pénible voir tout simplement pas possible de trouver un paliatif… Puis les paquets sont certes stables mais pas récents. A la base je suis parti sur une Ubuntu LTS puis j'ai refais l'expérience avec uen Ubuntu Desktop "normale". Après quelques discussions avec les collègues et les copains sur Telegram, je me décide donc d’arrêter Ubuntu et de partir sur un autre environnement Linux… Le monde d’Archlinux !


Quatrième solution donc, Archlinux. En un mot : STOP. Pas envie de me plonger dans des lignes de code tous les jours pour installer 4 pauvres paquets et faire leur configuration. Comme le disait mon collègue de bureau : « Quand je rentre chez moi, je veux que ça fonctionne du premier coup, sans chercher et rapidement. ». Archlinux n’est pas trop dans cette philosophie, alors hop on arrête les frais. MAIS.
En regardant les distributions et après quelques échanges sur Telegram, voilà arriver la distribution qui me sauvera la mise – Manjaro Linux.
« Manjaro Linux Gnome edition », voici donc la distribution qui est installée sur ma tour à l’heure actuelle, avec toutes les configurations et mises à jour qui vont bien. Installation rapide et sans problème du système et des paquets/outils complémentaires, installation des pilotes propriétaires sans blocage ni perte lors des redémarrages, mise en place du dernier kernel en date (5.2.1 au 21/07/2019), installation de Wine + Lutris + Virtualbox + Docker… Tout est juste fonctionnel du premier coup, sans erreur. Même l’installation de mon imprimante HP a été faite en 8 secondes chrono – incroyable, en plus sans crapware… Joie, bonheur.


Retour d’expérience après 3 semaines d’utilisation

A ce jour, ça fait environ 3 semaines que j’utilise quotidiennement mon PC perso sous Manjaro, avec tous les outils gratuits/libres en remplacement des outils payants que j’avais sous Windows, puis le « déblocage » de la virtualisation avec VM + conteneurs, émulateurs et jeux vidéos directement dans Linux. Au final, pas besoin d’une VM secondaire avec Windows pour y ajouter des logiciels spécifiques ou autre, tout (ou presque) fonctionne directement.

Quand je prends un peu de recul sur cette expérience, j’en arrive à me dire : mais pourquoi je n’ai pas sauté le pas plus vite ?!
Pour rappel, Windows c’est toute ma vie informatique. De mes débuts vers 1995 jusqu’à aujourd’hui, c’est Microsoft Windows power. Je ne changerai pas radicalement de voie, toutefois je vais sérieusement prendre en compte la possibilité Linux lorsqu’il faut mettre en place des serveurs / des services. Puis les conteneurs… miam !

Après ces semaines, je n’ai clairement pas ressenti un manque de Windows – mes applications habituelles sont toutes portées sous Linux ou alors il est possible de les émuler et de les faire fonctionner. Si ce n’est pas le cas, une interface web est souvent accessible. Pour mettre une image sur ces mots, des articles seront saisis. Un jour qui sait, des vidéos pourraient surgir du cloud !


Problèmes et blocages

Il faut toujours trouver la petite bête – le principal vient quant aux jeux-vidéos :

  • The Division 2 – incompatible sous Linux, le système d’anti-triche ne permet que de jouer sous Windows et pas autre système…
  • Destiny 2 – incompatible sous Linux, pareil que pour The Division 2.
  • Pour l'instant, les autres titres sont jouables wia Lutris/WINE.

Pas d’autres blocages pour l’instant – la liste sera à jour avec un descriptif au besoin.
Un autre point à traiter qui n’est pas grave, plutôt « bête » concernant le matériel :

  • Clavier Corsair K75 RGB – pas de driver / outil pour faire fonctionner le clavier comme sous Windows, donc changer les couleurs des touches, mettre des profils selon les applications etc… A voir si l’installation du logiciel Corsair est faisable avec Wine.
  • Logitech MX Master - driver générique OK mais pas de possibilité de faire fonctionner / gérer les options spécifiques.

Concernant les applications "only-Microsoft" utilisées habituellement, soit ça tourne en VM soit on s'en passe.


Conclusion

Linux, c’est bien quand c’est user-friendly ! Ca ne remplaçera jamais Windows dans le monde, mais ça a le mérite d’exister de façon mature et de faire aussi bien voir mieux que certains !

Le changement est radical, un peu perturbant au premier regard mais quelques heures suffisent pour finalement se rendre compte de l’intérêt. Il faut savoir changer ses habitudes, ne pas être totalement bloqué sur ses positions et accepter qu’une solution est remplaçable par une autre. Repartir de zéro (ou presque) sur un système est une chose dure à accepter – clairement, le jeu en vaut la chandelle ! Des possibilités s’ouvrent et le mood "je découvre de nouveaux outils" revient enfin, ce qui donne de la motivation et un nouvel élan !